La petite sirène

4ème de couverture

Un père alcoolique qui tente de noyer son enfant difforme.

Un couple de monstres de foires en cavale, poursuivi par un policier corrompu, au service d’un juge pervers.

Une magnifique sirène prisonnière des griffes d’un forain sadique et qui se lie d’amitié avec un garçon homard.

Une mystérieuse attraction montréalaise, le palais des nains, qui cache des abominations, d’absurdes personnages de cauchemars aux intentions machiavéliques.

Mon avis

Alors si tu pensais lire un conte de fées version Disney, tu te trompes…

Parce que cette petite sirène là, elle ne ressemble pas à

Elle ressemble plutôt à une pauvre fille qui n’a pas eu de chance et ce dès la naissance. La comparaison avec les films de Disney s’arrête là. Parce qu’après, ça se gâte et il vaut mieux être un « public averti » pour lire ce roman.

Alors si tu n’as pas peur du trash, du gore, du sang et des crustacés, lis le.

Pour le reste, j’ai beaucoup apprécié cette relecture du conte. D’ailleurs, il existe pas mal de séries de bouquins sur ce thème là (Les contes interdits). La plume de l’auteur est vive, l’intrigue prenante et haletante. On se prend vite à l’histoire.

Et cerise sur le gâteau : j’ai appris pleins de mots québécois. Ok, principalement des injures mais avoue le, ça aide aussi quand on va dans un pays étranger…

Nos 14 novembre

4ème de couverture

« C’était un vendredi, la vie était belle ». Le cauchemar est arrivé un soir de novembre sans crier gare et la vie d’Aurélie ne sera plus jamais comme avant. Matthieu avait prévu de rentrer tôt après le concert d’Eagles of Death Metal. A 21h46, il lui envoie son dernier texto : « ça, c’est du rock ». Quelques secondes plus tard, les terroristes entrent au Bataclan et font basculer des dizaines de familles dans l’horreur. Matthieu ne reviendra pas. Aurélie, au moment du drame, est mère de leur fils de trois ans et enceinte de cinq mois. Entre deuil et naissance, le livre raconte, d’un automne sanglant à un printemps layette, le combat invisible et émouvant d’une jeune femme qui ne veut pas renoncer à l’énergie, à la joie et au bonheur. Comment préparer une naissance lorsque l’on pleure le père de l’enfant à venir ? Comment rebondir quand tout vous assigne au statut décourageant de victime ? En partant de photos qui disent la quotidienneté de l’absence et la puissance de la vie qui s’accroche, elle témoigne de ce que fut une histoire d’amour assassinée et de ce que sera sa famille, amputée mais debout. Quand la vraie vie ressemble à une tragédie où la mort et la vie se livrent un combat féroce.

Mon avis

Il y a des livres dont on sait qu’ils seront difficiles voire impossibles à critiquer.

Celui ci en fait partie.

Ce livre ne se raconte pas. Il se lit. Il se vit.

Si tu as envie, lis le. Ne t’inquiète pas, tu ne seras pas taxé de voyeur.

Si tu n’as pas envie pour diverses raisons, ne culpabilise pas. C’est bien aussi. Après tout, nous avons tous été touchés par ce drame.

Fais comme tu le sens. C’est l’essentiel…

Illska

4ème de couverture

Événement dans l’histoire mondiale : Agnes et Omar se rencontrent par un dimanche matin glacial dans la queue des taxis au centre-ville de Reykjavik. Agnes rencontre aussi Arnor, un néonazi cultivé, pour sa thèse sur l’extrême droite contemporaine. Trois ans, un enfant et une crise de jalousie plus tard, Omar brûle entièrement leur maison et quitte le pays. L’histoire commence en réalité bien avant, au cours de l’été 1941, quand les Einsatzgruppen, aidés par la population locale, massacrent tous les Juifs de la petite ville lituanienne de Jurbarkas. Deux arrière-grands-pères d’Agnes sont pris dans la tourmente – l’un d’eux tue l’autre – et, trois générations plus tard, Agnes est obsédée par le sujet.
Illska parle de l’Holocauste et d’amour, d’Islande et de Lituanie, d’Agnes qui se perd en elle-même, d’Agnes qui ne sait pas qui est le père de son enfant, d’Agnes qui aime Omar qui aime Agnes qui aime Arnor.
Dans un jeu vertigineux, Norddahl interroge le fascisme et ses avatars contemporains avec une étonnante maîtrise de la narration. Illska est un livre surprenant et immense écrit par un homme jeune, mais appelé à devenir un grand, sans doute un très grand écrivain.

Mon avis

La littérature nordique, c’est un peu particulier quand même ? Outre le fait que les prénoms et noms de ville sont parfois imprononçables, je dois dire que j’ai eu froid pendant tout le temps de cette lecture.

Froid parce que l’intrigue principale se passe en Islande (même si les protagonistes font des petites escapades à Rome, en Lituanie certainement plus pour se réchauffer que pour fuir l’autre.

Froid parce que les récits des ancêtres d’Agnes pendant la 2nde guerre mondiale sont glaçants, horribles. Mais vous me le direz, c’est un peu normal quand on parle du sort des juifs.

Froid parce que l’enfance d’Arnor est tout bonnement effroyable. Cet enfant est malsain. Bizarrement, je l’aurais préféré quand il était adulte, avec ses failles. Un adulte, on peut lui trouver des excuses à son comportement. Mais comment un enfant peut-il déjà avoir de telles pensées ?

Froid parce que décrivant la montée des populismes, des extrémismes et du racisme.

Froid parce qu’au final, les mentalités n’ont pas beaucoup évolué en près de 70 ans…

Froid parce que ce qui est décrit est d’une effroyable actualité…

La seule chose qui m’ait réchauffée, c’est la qualité de l’écriture de l’auteur, sa plume assez acerbe mais non dénuée d’humour.

La prochaine fois, je me mets une grosse couverture avant de me plonger dans un livre d’un autre auteur nordiste…

Le voyant

4ème de couverture

«Le visage en sang, Jacques hurle : «Mes yeux ! Où sont mes yeux ?» Il vient de les perdre à jamais. En ce jour d’azur, de lilas et de muguet, il entre dans l’obscurité où seuls, désormais, les parfums, les sons et les formes auront des couleurs.» Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, incarcéré à Fresnes puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux Etats-Unis, où il devient «The Blind Hero of the French Resistance». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans. Vingt ans après Pour Jean Prévost (prix Médicis essai 1994), Jérôme Garcin fait le portrait d’un autre écrivain-résistant que la France a négligé et que l’Histoire a oublié.

Mon avis

Comme je ressors frustrée de cette lecture. Frustrée parce qu’elle ne tient pas toutes ses promesses. Quand on lit la couverture, on se dit qu’on va tomber sur quelque chose aussi unique que passionnant : comment un aveugle peut-il entrer dans la Résistance ? Comment a-t-il pu se faire accepter ?

Et puis non. On tombe sur une biographie entière de Jacques Lusseyran. Drôle de destin de cet enfant, devenu aveugle à l’âge de 8 ans, et qui va faire de son handicap, une force. Il aura une éducation brillante et presque comme les autres. Arrive le moment de la 2nde Guerre Mondiale, le vif du sujet. Et commence la déception. C’est bâclé, sans âme et beaucoup trop rapide. D’un coup, on passe à l’après jusqu’à son décès. Ajoutez à cela un vocabulaire aussi élitiste que difficilement accessible sans un dictionnaire à côté (Bénie sois ma liseuse avec son dictionnaire intégré !) et vous comprendrez pourquoi cette lecture ne restera pas dans mes annales…

Sorcières

4ème de couverture

Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d’aujourd’hui de figure d’une puissance positive, affranchie de toutes les dominations.
Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure de la sorcière. Elle est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? 

Ce livre explore trois archétypes de la chasse aux sorcières et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante – les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant – l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur. 

Mais il y est aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

Mon avis

Si, tout comme moi, tu n’aimes pas le mot « sorcière » mais que « sorcier » ne te dérange pas, lis ce livre. Ca fait te réconcilier.

J’avoue que mon aversion des sorcières date de quand mes parents m’ont amené voir Blanche-Neige au cinéma. J’ai passé une bonne partie du film cachée sous le siège et mes parents ont eu de nombreuses nuits hâchées à cause de la sorcière qui était sur le rebord de ma fenêtre. Tu vas de qui je parle?

Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

Même si Samantha de ma sorcière bien aimée m’a pas un peu réconciliée, c’est vraiment Harry Potter qui a fait que, maintenant, je n’ai plus peur des sorcières (et puis le fait que je sois devenue adulte maintenant. Ca doit aider un peu)

Du coup, quand on m’a conseillé ce livre au détour d’une conversation sur la féminisation des professions (rien à voir, je sais. Mais je n’aime pas la féminisation de mon boulot), je me suis lancée de cette lecture. Si tu pensais avoir un livre, tu peux passer ton chemin. Car il s’agit bien pour l’auteur de nous expliquer un fait de société aussi vieux que le monde : la place de la femme. Alors, je t’arrête de suite : il s’agit d’un essai et donc d’un parti pris de l’auteure. On y adhère ou on y adhère pas. Moi j’y ai adhéré. Jamais je n’avais envisagé le concept de sorcière et de sorcellerie sous cet angle. Et du coup, on comprend mieux la chasse dont elles ont été victimes pendant plusieurs siècles. Et par ailleurs, toutes mes convictions sur le sujet sont tombées à plat. Encore une fois, cet essai m’a amené à considérer différemment les choses. Et vous savez quoi ? Ben, ça fait du bien de réfléchir de nouveau sur des faits.

Alors oui, parfois, on a l’impression que l’auteure va glisser vers le féminisme à outrance. Mais non. Mona CHOLLET, dont la plume est ultra fluide, a l’intelligence de ne pas rentrer dans ce poncif. C’est plutôt plus subtil que cela… Et pour ne rien gâcher, cet essai est hyper documenté et donne envie d’en lire plus sur le sujet.

Bref, je remercie ma tweetpinaute de m’avoir glissé cette lecture alors qu’on parlait de toute autre chose.

Né d’aucune femme

4ème de couverture

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile ». – Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? Demandais-je. – Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. – De quoi parlez-vous ? – Les cahiers… Ceux de Rose. Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquelles elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Mon avis

Attention, gros

Ouahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Quelle claque mes amis !!!!! Ce petit livre qui ne paie pas de mine est une réelle pépite…

Dès qu’on lit les livres récupérés par Gabriel, on est happé par l’histoire horrible de Rose. Horrible, le mot n’est pas assez fort pour décrire la vie de cette jeune fille, vendue par son père, qui réalisera trop tard l’énorme bêtise qu’il a fait.

Tout au long de la lecture, on se dit que non, ça ne peut pas être pire. Et bien si, ça l’est… Même si on pressent ce qui va arriver à Rose (d’où une certaine tension pendant tout le livre), on espère que… Et puis non. Seule l’humanité de Gabriel nous sauve de cette profonde tristesse qui ne nous lâche pas de tout le livre.

Petit bémol quand même : le fait de faire parler (par le biais de chapitres spécifiques) les autres personnages est quelque peu déstabilisant et casse un peu le rythme…

L’âme du mal

4ème de couverture

Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d’outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d’une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu’on lui a enseigné. S’immerger complètement dans la psychologie d’un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal?

Mon avis

Oui, c’est bon, ça va, je sais que je suis en retard pour découvrir Maxime CHATTAM. Croyez moi si je vous dis que je regrette encore plus depuis que j’ai lu l’âme du mal.

Je sens que je vais aimer le thriller.

Celui là aussi je l’aime bien

Je ne sais pas pourquoi je ne lis pas plus de thriller que ça. Sans doute parce qu’il m’en faut beaucoup pour me faire stresser, encore plus pour me faire peur et encore encore plus pour me dégoûter (merci le boulot).

Là, tout ce que j’aime est réuni : un livre bien documenté, un suspens qui tient en haleine, une petite histoire d’amour mais qui ne pollue pas la trame, et une fin mes amis… Ca change du tout au tout. Enfin, une fin non « policée » et moins convenue… Et surtout, une fin glaçante que donne envie de lire la suite de la trilogie. Et quelque chose me dit que ce sera pour très bientôt…