Ma mère du Nord

4ème de couverture

« Petit, chaque fois que j’écrivais quelque chose ou faisais un dessin, j’avais besoin de le montrer à ma mère pour savoir si c’était bien.

Qu’est-ce qu’elle penserait aujourd’hui de ce que je suis en train d’écrire sur elle ?

Je suis inquiet. Elle doit en avoir assez qu’on parle de son mari alcoolique. Ne pas avoir envie qu’on parle d’elle, la discrète, la réservée, de ses maladies imaginaires, de sa tristesse.

Va-t-elle savoir lire entre les lignes, comprendre que ce livre est une déclaration d’amour ? Que j’essaie de me rattraper, moi qui ne lui ai jamais dit que je l’aimais, sauf dans les compliments de la fête des Mères dictés par la maîtresse.

Ce livre, je l’ai écrit pour la faire revivre.

Parce qu’elle me manque. »

Mon avis

Que ce texte est triste… Mais qu’il est beau également…

J’avais déjà lu de cet auteur « où on va papa? » qui m’avait fait littéralement pleuré. Il est en deux même avec « Ma mère du Nord »

En le lisant, vous y trouverez en poignant hommage à la mère de FOURNIER, qui n’a pas eu la vie qu’elle méritait. Mais malgré tout, elle s’est battue, pour ses enfants, pour son honneur, pour ne pas sombrer elle aussi.

On est loin des clichés des ouvriers du Nord, qui sont tous des alcooliques. Ici, le père est un notable.

Les mots de FOURNIER sont justes, précis et touchants.

Certes ce livre se lit très vite (le découpage en très courts chapitres aide énormément). Mais c’est largement suffisant. L’auteur a su faire passer l’essentiel. En écrire trop aurait été superflu et limite malsain.

Bonus

En farfouillant sur le net, je m’aperçois qu’il existe une controverse à partir de « où on va papa? ». L’ex femme de l’auteur ayant voulu rétablir certaines vérités. 

Loin de moi de vouloir démêler le vrai du faux (après tout, il y a un contexte de séparation et rancoeur). Mais édulcorer ou « déguiser » un peu la vérité n’est-il pas un moyen pour l’auteur de se préserver et de préserver son intimité ? Transposer cette controverse à « Ma mère du Nord » ne servirait strictement à rien tant cette histoire est tout à fait plausible parce que d’une réalité quasi banale. 

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Miss Sarajevo

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4ème de couverture

Printemps 1993. Joaquim, vingt ans, débarque au milieu de Sarajevo assiégée. Armé de son seul appareil photo, il cherche à échapper à son enfance et à se confronter à la mort. Cette mort que vient de choisir sa jeune sœur Viviane, fatiguée d’expier dans l’anorexie un tabou familial jamais levé.

Été 2017. Joaquim apprend le décès de son père. Le temps d’un Paris-Rouen, lui reviennent en rafales les souvenirs de sa famille bourgeoise, apparemment sans défaut, verrouillée autour de son secret. En contrepoint, il revit les mois passés à Sarajevo, qui lui ont permis de se soustraire à l’emprise du passé et d’inventer sa vie. Mais peut-on réellement se libérer du fardeau familial ? Quel est, au bout du compte, le prix du non-dit ?

Un roman qui mêle la grande et la petite histoire, et interroge la façon dont l’individu peut construire, en dépit des secrets de famille, son propre rapport à la vie.

Mon avis

Quand j’ai vu ce titre dans la sélection des Match de la rentrée littéraire 2018, j’ai de suite pensé à ce titre de U2 et de Pavarotti. Ce titre entendu lorsque j’étais ado. Chanson que j’avais trouvé absolument magnifique (ok, je ne suis pas très objective parce que j’adorais et encore maintenant, U2 et Pavarotti). J’en comprenais les paroles tellement simples sans être simplistes. Paroles qui me touchaient parce que racontant le quotidien de filles de presque mon âge, moi qui avais la chance d’être du bon côté.

Quelle immense joie de voir cette chanson racontée. D’accord, le livre ne parle pas que de ça. Et pourtant, j’ai trouvé que c’était la force de ce livre. Autant, j’ai été assez hermétique au drame vécu par Joaquim (bien que ce dernier explique sa fuite vers Sarajevo assiégée), autant j’ai été happée par sa « vie » là-bas ainsi que de celle de Ludmilla, Kosma, Inela, Zladko et Vesna. Je n’ai pas trop compris les intrusions dans le passé de Joaquim et dans l’histoire des parents cachés aux enfants et qui va finir par détruire cette famille. On l’aura bien compris : les secrets sont bien plus destructeurs que la vérité. Mais j’ai trouvé que ça alourdissait la dynamique et donnait un sentiment de malaise général à la lecture de ce livre qui est pourtant assez bon. J’aurais préféré que l’auteure explore plus la partie Sarajevo quitte à faire de plus discrètes digressions sur le passé.

Ce livre m’a donné envie de retourner en Bosnie, ce pays qui m’avait tout fasciné lors d’un trop court passage à Mostar.

De ce voyage, j’en ai tiré un sentiment d’un énorme gâchis. Comment des peuples qui ont réussi à vivre ensemble, à s’entendre, à s’aimer ont-il pu basculer dans l’horreur d’une guerre qu’eux-mêmes ont du mal à comprendre l’élément déclencheur ?

En regardant les stigmates encore trop présents de cette guerre, je ne peux que frissonner en écoutant les paroles résignées de mon guide qui prophétise que ça pétera encore et, que quand ça pétera, ça viendra de Bosnie. Puisse-t-il se tromper…

Bonus

Déjà, je tenais à chaudement remercier Rakuten pour avoir organisé les match de la rentrée littéraire et pour m’avoir sélectionnée. C’est un réel plaisir de participer…

Ensuite, je voulais vous faire partager la fameuse chanson, qui d’ailleurs est citée dans le livre. La magie d’internet fait qu’on peut trouver la version chantée à Sarajevo, après la guerre… Désolée pour la qualité mais c’est tellement énorme de l’avoir trouvée…

Enjoy

 

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Manderley For Ever

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4ème de couverture

«La nuit dernière, j’ai rêvé que je retournais à Manderley…» : la phrase qui ouvre le roman Rébecca a fait rêver des générations de lecteurs. Tout le monde connait L’Auberge de la Jamaïque, Rebecca ou Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock, mais l’auteur des oeuvres qui l’ont inspiré, Daphné du Maurier (vendue pourtant à des millions d’exemplaires et traduite en une quarantaine de langues), est aujourd’hui tombé dans l’oubli.
Pourquoi Daphné du Maurier est-elle considérée comme un auteur de romans féminins, alors que ses histoires sont souvent noires et dérangeantes ? Que sait-on vraiment de son lien étroit avec la France, de ses liaisons longtemps tenues secrètes, des correspondances ténues que son oeuvre entretient avec sa vie, et dans laquelle elle parle beaucoup de son histoire familiale ? Portrait d’un écrivain par un autre écrivain, Manderley décrit minutieusement une vie aussi mystérieuse que l’oeuvre qu’elle sous-tend – toute de suspense psychologique –, et met en lumière l’amour fou de cette femme pour son manoir de Cornouailles.
Un portrait tout en nuances de la plus énigmatique des romancières britanniques, mais davantage encore : un voyage littéraire sur les traces d’un des plus grands auteurs de best-sellers de son époque, méprisé par la critique mais adulé du public.

Mon avis
Le dernier Tatiana de Rosnay que j’ai lu m’avait laissé un goût amer. Mais là, je dois dire que j’ai été enchantée par cette lecture. L’auteure nous propose une biographie, que j’ai la faiblesse de croire un peu romancée. Et ça marche. On est de suite happée par l’histoire de cette auteure, très avant-gardiste, dérangeante mais passionnante.
J’ai tendance à croire que connaître (un peu) la vie privée d’un auteur permet de mieux comprendre son oeuvre. Ca se démontre encore aujourd’hui. En le terminant, je n’ai eu qu’une envie : me plonger dans Rebecca. J’avais adoré la version de Hitchok. Je ne pense pas être déçue par Daphné du Maurier.
Alors certes on pourrait reprocher que Daphné de Maurier soit issue d’une famille trop élitiste, trop bohème, trop artiste pour s’identifier. Cependant, cela ne m’a pas gêné du tout. Bien au contraire…

 

La supplication

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L’histoire

Tchernobyl, tout le monde a vu les images. Mais donner la parole à ceux qui l’ont vécu de près était tout aussi nécessaire

Mon avis

ENORME claque !

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Il y a des livres qui ne se racontent pas. Ils se vivent. Celui ci en fait partie.

Je vais être très brève parce qu’il est impossible de le résumer. Il est impossible de retranscrire ce qu’on peut penser quand quelqu’un préfère vivre à proximité de cette centrale plutôt que de son pays en guerre. Il est impossible de sélectionner certains témoignages tant la parole de TOUS est nécessaire…

Lisez le… Tout simplement…

Le siècle, tome 3 : aux portes de l’éternité

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L’histoire

La Seconde Guerre Mondiale est passée. Mais la paix est une chose si fragile…

Mon avis

A mon grand regret, et même si j’adore Ken Follet, je dois dire que ce dernier tome reste malheureusement en deçà des précédents. Attention, je ne vais pas dire que je n’ai pas aimé. J’ai de suite été happée par les histoires. Et qu’est ce que j’ai vibré… La partie concernant la famille Franck coupée en deux par le Mur de Berlin m’a fait tenir en haleine et reste mon meilleur moment du livre…

MAIS (il y en a toujours un) j’ai trouvé que les personnages étaient moins poussés que leurs aînés. Ceux ci ne se préoccupent plus que de leurs affaires sentimentales que le reste. Alors, pour les musiciens comme Wally, on peut le comprendre (sex, drug and rock’n roll). Mais pour les autres, notamment Georges par exemple, j’ai trouvé cela un peu déceptif.

Par ailleurs, j’ai regretté les passages trop rapides concernant les aînés (que j’avais adoré lors des précédents tomes) à l’instar d’Ethel, Greg etc.

Mais je dois encore une fois souligner le travail historique assez poussé de Ken Follet qui m’a fait replonger dans mes souvenirs du programme d’histoire de Terminale (pour mon plus grand bonheur). Le fait que l’intrigue se situe dans une époque très contemporaine et proche de nous (je me souviens de la chute du Mur de Berlin), aide indéniablement à la compréhension des enjeux politiques, économiques et historiques.

Ken Follet clôt malgré tout de manière époustouflante une trilogie aussi ambitieuse que titanesque.

Bonus

Par cette lecture, je clos à mon tour ma participation au challenge des 4 AS.

Je devais lire un un roman dont la couleur dominante de sa couverture est une couleur primaire (bleu rouge ou jaune)

Pour paraphraser une célèbre pub, on est quand même bien rouge 😉

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Damné (tome 3)

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L’histoire

Gondemar part dans Ch’nord de la France (enfin, pas chez les ch’tits quand même) enfin de retrouver la 2nde partie de la Vérité. Mais rien ne va se passer comme il l’espérait…

Mon avis

C’est avec un grand plaisir (mais aussi, une certaine frustration) que j’ai retrouvé Gondemar, Pernelle et leurs plus ou moins amis pour la suite de cette quête qui est très très addictive.

Bon, par moments, j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs et que Gondemar tournait un peu en rond notamment quand il recherche la fameuse entrée. Quel boulet parfois…Pourtant, c’était tellement évident !!!!!Et ça manquait d’injures et autres gros mots à mon sens…

Pour autant, la plume de l’auteur est toujours très agréable à lire et la description des sentiments des protagonistes est beaucoup plus poussée (pour mon plus grand plaisir).

Je dois dire que je n’ai pas vu la fin venir. Je me suis pris un sacré coup sur la tête. Je n’avais qu’une hâte : lire la suite. Mais… (il y a toujours un mais) Je pensais avoir mis sur ma liseuse (obligatoire dans la valise pour en limiter le poids) le dernier tome. Eh ben non ! D’où ma frustration extrême…

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Les passagères du 221

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L’histoire

Paul est conducteur de bus. Sur la ligne 221. Une ligne un peu particulière…

Mon avis

Une véritable pépite ! Des femmes se côtoient, allant, sans le savoir, dans la même direction. Chacune à son histoire. Chacune à l’air d’être seule et isolée. Cependant, un événement va les faire se lever et agir ensemble, mues par un même objectif : arriver à l’heure. C’est vital pour elle : ne pas arriver en retard pour le parloir. Et du coup, elles vont dévoiler ce secret de polichinelle qui existe entre elle.

On ne saura pas dans les détails les faits qui ont amené les personnes visitées à être en prison. L’auteure manie avec panache l’art de la pudeur. On n’a pas envie d’en savoir plus. Ce qui est dévoilé suffit amplement.

J’ai adoré voyager avec elles dans ce bus. On s’attache à ses passagères et à Paul aussi, qui a un profond respect pour ces passagères si particulières. Sans leur parler, il connaît leur histoire. Mon seul regret : cette lecture est beaucoup trop courte. Mais l’auteure s’en explique et du coup, c’est cohérent.

Bonus

Je remercie Madgaa d’avoir sélectionné cette petite pépite !

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