Frappe toi le coeur

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L’histoire 

Marie est jeune, belle, « intelligente » (c’est son mari qui le dit) et crois qu’elle a toute sa jeunesse devant elle. Elle adore paraître et faire mourir de jalousie celles qui la côtoient. Sauf qu’une grossesse inattendue lui fait changer ses projets et lui fait rentrer dans une vie qu’elle n’a pas décidé (mariage, bébé etc). Quand sa fille Diane née, un sentiment de jalousie va apparaître.

Mon avis

Je reproche souvent à Amélie Nothomb de sortir trop de livres au détriment de la qualité. J’ai l’impression qu’en tant que valeur sûre, elle est forcée par son éditeur de sortir un bouquin à chaque rentrée littéraire. Sauf que là, Frappe toi le coeur déroge à la règle et m’a réconcilié avec l’auteure.

Marie, Olivier, Diane, Nicolas, Célia, Olivia… Les puristes vont me comprendre. ENFIN des prénoms normaux. Personnellement, je trouve que ça aide à s’identifier aux personnages.

Quant au thème… Il m’a profondément touché. Ok, je suis mère donc ça aide). Les relations mère/fille sont parfois difficiles.  Amélie Nothomb nous le démontre tout en pudeur. Alors oui, parfois c’est trash (ça reste sa marque de fabrique), parfois ça fait mal. Mais ça fait mouche, ça percute, c’est addictif et d’une justesse. On ressent tous les états d’âme de Diane qui passe de l’espoir à la colère jusqu’à une certaine forme de déni. Ce qu’elle vivra toute petite conditionnera toute sa vie, même ses choix professionnels.

Cette lecture ne laisse pas indifférent. Pour ma part, c’est son meilleur livre.

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Gabriële

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L’histoire

Gabriële est jeune, belle et indépendante. Elle ne vit que par la musique. Alors qu’elle est en vacances chez ses parents, son frère, Jean, arrive avec un ami, Francis Picabia. Si, dans un premier temps, Gabriële est indifférente, elle va vite tomber amoureuse de Francis et faire des choix qui changeront sa vie à jamais.

Mon avis

Ce livre faisait partie de ma top liste rentrée littéraire. Aussi, quand les #MLR17 ont repris, et que j’ai vu qu’il faisait partie de la sélection, je n’ai pas hésité à postuler. Et j’ai eu le plaisir d’être sélectionnée. Un énorme merci de me faire confiance.

De prime abord, on se dit que ce roman ne sera pas accessible tant le monde dans lequel évoluent les différents personnages semble lointain. Et pourtant, j’ai été happée par cette histoire, très addictive. Les auteures réussissent à nous faire entrer dans leur famille, elles ne cachent rien et nous intègrent dans leurs errements. C’est intimiste certes sans pour autant tomber dans le voyeurisme. Leurs plumes sont tellement fluides. Ce roman à 4 mains évite toute cacophonie.

Si Anne et Claire ne connaissent rien de leurs aïeux, je dois dire que moi non plus. En vrai, je suis plutôt assez classique en matière d’art et suis beaucoup plus réceptive au « classique » qu’au contemporain. Le dadaïsme me rappelait mes cours de terminale L (bon, je vous rassure, des noms cités m’étaient connus comme Appollinaire, Picasso. Quand même). Grace à cette lecture, je me suis penchée sur les oeuvres de  Picabia et de Duchamp. Et je dois dire que j’ai eu une autre vision de ces oeuvres. Elles m’ont parues plus compréhensives, plus accessibles. Comme quoi, parfois il ne suffit de pas grand chose pour apprécier quelque chose. Je n’avais pas la clé pour comprendre ce mouvement pictural.

En cela, je remercie énormément les auteures et surtout Gabriële de m’avoir expliqué et d’avoir piqué ma curiosité.

Gabriële… Anti héroïne par excellence vouée à une existence insignifiante.  Et pourtant. S’est elle rendue compte de son vivant de son impact sur l’Art ? De ce qu’elle a apporté ? J’ai la faiblesse de croire que oui.

J’ai vraiment passé un excellent moment qui m’a donné envie de me ruer dans des expositions de peinture.

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Bonus 

Je vous évite quelques recherches sur internet en vous postant quelques oeuvres de Picabia. Ne me remerciez pas 😉 Plaisir d’offrir.

Une colonne de feu

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L’histoire

Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu’il connaissait va changer à tout jamais… Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu’il voulait épouser, Margery Fitzgerald.
L’accession d’Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l’Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France ou la séduisante Marie Stuart – considérée comme l’héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l’un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent…
Dans ce demi-siècle agité par le fanatisme qui répand la violence depuis Séville jusqu’à Genève, les pires ennemis ne sont cependant pas les religions rivales. La véritable bataille oppose les adeptes de la tolérance aux tyrans décidés à imposer leurs idées à tous les autres – à n’importe quel prix.

Mon avis

Au risque de me répéter, quand on voit les livres de Ken Follet, on se dit qu’on n’arrivera jamais à bout de ses pavés. Et pourtant…

Dès les premières pages, on est happé par la plume de l’auteur. Ok, il y a pas mal de personnages, mais on ne s’y perd pas. Les différents protagonistes se croisent, s’évitent pour notre plus grand plaisir. Certains personnages sont attachants. Pour d’autres, on sent dès le départ que ça ne passera pas. Et effectivement, ça ne passe pas.

D’un point de vue historique, il faut reconnaître un véritable travail de recherches pour être au plus près de la réalité. Certes, les puristes pourront hurler devant certaines incohérences. Mais Ken Follet n’est pas historien. Il vulgarise l’Histoire, c’est différent. Et si ça permet de faire quelques recherches sur cette période pour compléter ses connaissances (ce que j’ai fait. L’Histoire de l’ Angleterre, je la connais dans les grandes lignes d’où de nombreuses lacunes), je dis banco !

Je reprocherais quand même quelques petites longueurs, notamment dans les descriptions de certaines batailles (la bataille navale m’a profondément ennuyé et j’ai lu en diagonal)

J’avoue que j’ai été très contente de revenir à Kingsbridge et je suis contente que Ken Follet décide d’en faire une saga. J’ai hâte de voir dans quel siècle il va nous amener la prochaine fois.

Les derniers jours de Rabbit Hayes

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L’histoire

Rabbit a 42 ans et un cancer en phase terminale. Elle rentre dans un centre de soins palliatifs. Entourée de ses proches, elle se prépare à la fin. Et se souvient.

Mon avis

Bon, je ne vais pas trop spoiler en vous disant que ça se termine mal. Rien que le titre est évocateur.

Pour autant, même on aurait pas s’attendre à un livre larmoyant bourré de clichés et de guimauve, il n’en est rien. Ce livre est d’une justesse, d’une pudeur mais également bourré d’humour (la scène de l’extrême onction est savoureuse). On ressent toute la détresse de cette famille unie comme jamais et qui essaie d’y croire malgré tout.

On dit qu’avant de mourir, on voit sa vie défiler. Les nombreux flash-back de Rabbit le confirment. Et l’on comprend pourquoi cette famille est si unie au point de se « disputer » la garde de la fille de Rabbit pour l’après.

Alors oui on pleure et on se doute de la fin même si nous aussi, on se prend à espérer également tellement on s’attache. Et on passe juste un moment hors du temps…

A l’encre russe

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L’histoire

L’Enveloppe a valu au jeune romancier Nicolas Kolt un succès international et une notoriété dans laquelle il tend à se complaire. C’est en découvrant la véritable identité de son père et en fouillant jusqu’en Russie dans l’histoire de ses ancêtres qu’il a trouvé la trame de son premier livre. Depuis, il peine à fournir un autre best-seller à son éditrice. Trois jours dans un hôtel de luxe sur la côte toscane, en compagnie de la jolie Malvina, devraient l’aider à prendre de la distance avec ses fans. Un week-end tumultueux durant lequel sa vie va basculer…

Mon avis

Tatiana de Rosnay était venue par chez moi au moment de la promo de ce livre. Et il faut dire que ses talents d’oratrice couplés à une communication hyper travaillée (un compte twitter de Nicolas Kolt avait été créé) me donnaient l’envie de le lire. Or, il traînait au fin fond de ma PAL. Un petit défi et les souvenirs de cette rencontre l’ont fait ressortir.

Peut être que j’en attendais trop car j’ai été hyper déçue par cette lecture. C’est d’un ennui… On oscille entre les flashbacks (qui eux, pour le coup, étaient intéressants) et le quotidien d’un jeune auteur dépassé par les événements qui lui montent à la tête. Parce que oui, je le dis, Nicolas Kolt est tout bonnement imbuvable (la politesse m’empêche de dire que c’est un sombre connard). Le genre d’auteur qui te ferait détester ses livres si tu savais comment il est en réalité. Peut être qu’on idéalise un peu trop nos auteurs fétiches. Peut être qu’ils sont de vrais salopards dans la vraie vie. Mais je reproche à Tatiana de Rosnay de m’avoir fait perdre mes illusions.

Mauvais karma ou retour de bâton (mérité) pour Nicolas Kolt mais j’ai trouvé l’enchaînement de ses mésaventures un peu trop tiré par les cheveux. C’était poussif, cousu de fil blanc tant en étant incohérent. J’avais l’impression que l’auteure se perdait et nous perdait par la même occasion. Et le dénouement final qui rappelle un peu trop une catastrophe survenue en Italie… Le naufrage du Titanic en livre…

Pourtant l’idée du secret de famille si chère à l’auteure était prometteuse. Mais là encore j’ai eu l’impression de quelque chose de brouillon et de non abouti.

Effectivement, il ne s’agit pas du meilleur De Rosnay. Mais cela ne va pas m’empêcher d’en lire d’autres.

Bonus 1

Avec cette lecture, je valide mon défi principal du défi des 4 As avec mon équipe des Trèfles qui déchire tout…

Il fallait lire un livre dont le titre ou la couverture suggère nettement l’été. Je crois que je suis dedans 😉

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Bonus 2

Des petites photos de la rencontre avec Tatiana de Rosnay

 

Le sanctuaire de Cargèse

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L’histoire

Cargèse, 1996. Ange Baptisti, ancien cadre nationaliste corse, est violemment assassiné avec son garde du corps. S’agit-t-il d’un des derniers soubresauts de la guerre fratricide entre deux factions clandestines ?

L’inspecteur Thierry Le Coz, nouvellement nommé à la P.J. d’Ajaccio, va alors être confronté à la réalité sociale et historique de l’île. La recherche obstinée de la vérité va conduire l’enquêteur à ses propres failles identitaires lorsque s’ouvre au même instant le procès médiatique d’une figure du monde économique breton accusé de collaboration durant l’occupation.

Tandis que Le Coz déchiffre progressivement les méandres du Front Patriotique de Libération Corse, les dérives du régionalisme breton se rappellent à lui. L’identification des criminels de Cargèse pourrait bien être l’occasion, pour lui, de percer certains secrets familiaux liés à la Bretagne sous Vichy.

Mon avis

C’est avec un très grand plaisir que l’auteur, Marek Corbel, m’a contacté pour me proposer la suite des aventures de Le Coz. Et c’est avec un très grand plaisir que j’ai accepté. Et je le remercie chaleureusement.

Changement de cap pour Le Coz qui quitte l’Aisne (avec la Tanière du Laonnois) pour la Corse. Comme ça, on pourrait se dire qu’il y a pire comme mutation. Surtout quand on connaît le temps magnifique des terres axonaises… Sauf que c’est bien connu, les Corses ne sont pas des enfants de coeur (les corses, si vous me regardez!). Et en plus, non seulement le Corse n’est pas commode mais il ne parle pas, il ne voit et n’entend rien. L’omerta règne. Autant vous dire que c’est un peu mal barré pour réussir une enquête, surtout quand elle porte sur le parti nationaliste corse.

Marek Corbel continue de nous montrer qu’il manie parfaitement l’art du suspens dans un récit très bien documenté tant au niveau des arcanes policières que des mouvements nationalistes corses (j’ai appris pas mal de choses à ce sujet). Alors oui, on pourrait reprocher que le roman ne soit pas divisé en chapitres. Cela ne m’a pas gêné outre mesure si ce n’est que je ne savais pas où couper lorsque je devais arrêter de lire (petit manie livresque). Mais sinon, la plume de l’auteur, l’ambiance qu’il arrive à insuffler, l’humour noir et quelque peu masculin (à noter, que je ne dis pas misogyne) font qu’on s’attache vite aux aventures de Le Coz.

La maison bleu horizon

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L’histoire

Alan est chasseur de fantômes. Pas comme SOS fantômes non plus. Il aime mener des enquêtes dans des lieux hantés. A la suite d’une interview donnée à la radio, il est contacté par Hélène dont la maison subit des attaques de fantômes. Au début, il va y aller juste pour voir et tenter de rassurer Hélène et ses enfants. Mais ce qu’il va vivre va mettre à mal toutes ses certitudes…

 

Mon avis

Mue par une curiosité relative au lieu où se déroule l’intrigue (Villers-Bretonneux, pas très loin de chez moi) et par les thèmes (paranormal et Première Guerre Mondiale) j’ai décidé de postuler pour ce partenariat.

Je remercie les éditions Taurnada et Livraddict de m’avoir sélectionnée.

Quand on habite dans une région particulièrement touchée par la Grande Guerre, quand vos alentours en portent encore les stigmates, on ne peut être que réceptif à cette histoire. Car au délà de l’aspect paranormal (j’y reviendrai par la suite), c’est l’aspect historique qui m’a particulièrement plu. Cette histoire de soldat, fusillé pour « l’exemple », fait écho aux Martyrs du Vingré. J’ai beaucoup apprécié les références historiques très justes et parfaitement documentées.

Mais au délà de cela, j’ai dévoré ce livre. Dès les toutes premières pages, j’ai été happée par l’intrigue. J’ai eu du mal à le lâcher. Le rythme est particulièrement prenant. On a envie de savoir ce que cache cette maison et ces fantômes. On veut savoir. On se tâte en même temps qu’Alan.

Les personnages sont tout à la fois intriguants (Mélanie et Thomas), attachants (Hélène et Peggy), flippants (les fantômes : Joseph, la « demoiselle en pleurs » -je ne vous dirais pas qui c’est pour ne pas spoiler). L’auteur a su parfaitement dépeindre leurs peurs, leurs angoisses, leurs désillusions. Avec eux, j’ai tremblé. Mais j’ai aussi été très émue sur la fin que j’ai trouvée absolument magnifique.

Et cette ambiance… Un mélange du film Les autres et des Hauts des Hurlevents. Angoissante, oppressante. On se sentirait presque dans cette maison. Mon seul regret dans cette lecture aura été de l’avoir lu maintenant. Un petit conseil si vous voulez lire ce livre : faites le un soir d’hiver pendant une bonne tempête. Trouillomètre à zéro garanti !