Sorcières

4ème de couverture

Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d’aujourd’hui de figure d’une puissance positive, affranchie de toutes les dominations.
Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure de la sorcière. Elle est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? 

Ce livre explore trois archétypes de la chasse aux sorcières et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante – les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant – l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur. 

Mais il y est aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

Mon avis

Si, tout comme moi, tu n’aimes pas le mot « sorcière » mais que « sorcier » ne te dérange pas, lis ce livre. Ca fait te réconcilier.

J’avoue que mon aversion des sorcières date de quand mes parents m’ont amené voir Blanche-Neige au cinéma. J’ai passé une bonne partie du film cachée sous le siège et mes parents ont eu de nombreuses nuits hâchées à cause de la sorcière qui était sur le rebord de ma fenêtre. Tu vas de qui je parle?

Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

Même si Samantha de ma sorcière bien aimée m’a pas un peu réconciliée, c’est vraiment Harry Potter qui a fait que, maintenant, je n’ai plus peur des sorcières (et puis le fait que je sois devenue adulte maintenant. Ca doit aider un peu)

Du coup, quand on m’a conseillé ce livre au détour d’une conversation sur la féminisation des professions (rien à voir, je sais. Mais je n’aime pas la féminisation de mon boulot), je me suis lancée de cette lecture. Si tu pensais avoir un livre, tu peux passer ton chemin. Car il s’agit bien pour l’auteur de nous expliquer un fait de société aussi vieux que le monde : la place de la femme. Alors, je t’arrête de suite : il s’agit d’un essai et donc d’un parti pris de l’auteure. On y adhère ou on y adhère pas. Moi j’y ai adhéré. Jamais je n’avais envisagé le concept de sorcière et de sorcellerie sous cet angle. Et du coup, on comprend mieux la chasse dont elles ont été victimes pendant plusieurs siècles. Et par ailleurs, toutes mes convictions sur le sujet sont tombées à plat. Encore une fois, cet essai m’a amené à considérer différemment les choses. Et vous savez quoi ? Ben, ça fait du bien de réfléchir de nouveau sur des faits.

Alors oui, parfois, on a l’impression que l’auteure va glisser vers le féminisme à outrance. Mais non. Mona CHOLLET, dont la plume est ultra fluide, a l’intelligence de ne pas rentrer dans ce poncif. C’est plutôt plus subtil que cela… Et pour ne rien gâcher, cet essai est hyper documenté et donne envie d’en lire plus sur le sujet.

Bref, je remercie ma tweetpinaute de m’avoir glissé cette lecture alors qu’on parlait de toute autre chose.

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