A l’encre russe

9782253177548-T

L’histoire

L’Enveloppe a valu au jeune romancier Nicolas Kolt un succès international et une notoriété dans laquelle il tend à se complaire. C’est en découvrant la véritable identité de son père et en fouillant jusqu’en Russie dans l’histoire de ses ancêtres qu’il a trouvé la trame de son premier livre. Depuis, il peine à fournir un autre best-seller à son éditrice. Trois jours dans un hôtel de luxe sur la côte toscane, en compagnie de la jolie Malvina, devraient l’aider à prendre de la distance avec ses fans. Un week-end tumultueux durant lequel sa vie va basculer…

Mon avis

Tatiana de Rosnay était venue par chez moi au moment de la promo de ce livre. Et il faut dire que ses talents d’oratrice couplés à une communication hyper travaillée (un compte twitter de Nicolas Kolt avait été créé) me donnaient l’envie de le lire. Or, il traînait au fin fond de ma PAL. Un petit défi et les souvenirs de cette rencontre l’ont fait ressortir.

Peut être que j’en attendais trop car j’ai été hyper déçue par cette lecture. C’est d’un ennui… On oscille entre les flashbacks (qui eux, pour le coup, étaient intéressants) et le quotidien d’un jeune auteur dépassé par les événements qui lui montent à la tête. Parce que oui, je le dis, Nicolas Kolt est tout bonnement imbuvable (la politesse m’empêche de dire que c’est un sombre connard). Le genre d’auteur qui te ferait détester ses livres si tu savais comment il est en réalité. Peut être qu’on idéalise un peu trop nos auteurs fétiches. Peut être qu’ils sont de vrais salopards dans la vraie vie. Mais je reproche à Tatiana de Rosnay de m’avoir fait perdre mes illusions.

Mauvais karma ou retour de bâton (mérité) pour Nicolas Kolt mais j’ai trouvé l’enchaînement de ses mésaventures un peu trop tiré par les cheveux. C’était poussif, cousu de fil blanc tant en étant incohérent. J’avais l’impression que l’auteure se perdait et nous perdait par la même occasion. Et le dénouement final qui rappelle un peu trop une catastrophe survenue en Italie… Le naufrage du Titanic en livre…

Pourtant l’idée du secret de famille si chère à l’auteure était prometteuse. Mais là encore j’ai eu l’impression de quelque chose de brouillon et de non abouti.

Effectivement, il ne s’agit pas du meilleur De Rosnay. Mais cela ne va pas m’empêcher d’en lire d’autres.

Bonus 1

Avec cette lecture, je valide mon défi principal du défi des 4 As avec mon équipe des Trèfles qui déchire tout…

Il fallait lire un livre dont le titre ou la couverture suggère nettement l’été. Je crois que je suis dedans 😉

4-as

Bonus 2

Des petites photos de la rencontre avec Tatiana de Rosnay

 

Publicités

Rose

J’ai attendu que Carnet de lecture, ma binomette dans le cadre du Challenge Livra’deux pour Pal’addict, ait publié son avis sur ce livre pour publier le mien. Si vous êtes curieux, allez voir ici

L’histoire : Paris, le 2nd Empire. Le baron Haussmann continue son entreprise pharaonique : faire de Paris une ville plus moderne, plus saine et plus militairement accessible. Pour ce faire, il n’hésite pas à exproprier des centaines de personnes et à tailler dans la ville comme un taille un arbre. Une seule résiste envers et contre tous : Rose qui se battra pour garder SA maison, en mémoire de son défunt mari.

A travers ses lettres qui ne seront jamais lues par son bien aimé, elle nous fait part de son combat.

Mon avis : En droit de l’urbanisme (oui, j’ai fait ça en maîtrise), on a parlé des grands travaux d’Haussmann et de la modernité qu’il voulait pour Paris (malgré ses buts militaires). En droit des expropriations, les expros. Jamais je ne m’étais demandé ce qu’on pouvait ressentir lorsqu’on recevait un avis d’expropriation. La juriste que je suis ne voit que les recours possibles mais pas l’aspect humain.

Outre l’aspect matériel que lui confère cette maison (les loyers des deux boutiques qu’elle loue), Rose est attachée à cette maison, véritable membre de sa famille. Mais est-elle attachée à l’immeuble en lui-même ou au combat que son mari voulait mener en cas d’expropriation ? Au final, elle est plus proche de cette maison que de sa propre fille.

Tatiana de Rosnay doit avoir un attachement particulier avec les maisons quand on voit Elle s’appelait Sarah et les secrets de famille. Je me demande bien pourquoi…

J’ai particulièrement apprécié le style épistolaire. Il donne un certain dynamisme au roman. Je me demande si un roman au style plus « classique » aurait eu le même impact.

Les lettres qu’écrit Rose sont très romantiques. Outre l’amour porté à son mari, on ressent bien la tristesse de Rose ainsi que sa colère, ses frustrations. En revanche, elle est beaucoup moins prolixe sur les expropriations des autres personnes de sa rue. On est plus spectateur qu’autre chose.

Quelques points négatifs toutefois. Tout d’abord, le secret qui est révélé à la fin. Certes, il est latent puisque Rose fait des allusions tout au long de ses lettres mais la révélation est beaucoup trop brutale. Effectivement, Rose doit se hâter d’écrire. Mais je trouve que ça cassait le romantisme des lettres. On est brusquement arraché à la rêverie pour être confronté à une réalité terrible. Et puis, pourquoi ce secret ? Une histoire sur l’attachement de Rose à cette maison était pour par ma part, largement suffisante.

Ensuite, le final nous laisse un peu sur notre fin. Je ne parle pas de la lettre inachevée mais du contenu de l’article du journal. Avec le recul, ça reflète bien le peu de considération qu’on a eue pour les personnes expropriées.

J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre ô combien contemporain… Les expropriations, démantelements de camps etc sont toujours autant d’actualité…