La maison bleu horizon

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L’histoire

Alan est chasseur de fantômes. Pas comme SOS fantômes non plus. Il aime mener des enquêtes dans des lieux hantés. A la suite d’une interview donnée à la radio, il est contacté par Hélène dont la maison subit des attaques de fantômes. Au début, il va y aller juste pour voir et tenter de rassurer Hélène et ses enfants. Mais ce qu’il va vivre va mettre à mal toutes ses certitudes…

 

Mon avis

Mue par une curiosité relative au lieu où se déroule l’intrigue (Villers-Bretonneux, pas très loin de chez moi) et par les thèmes (paranormal et Première Guerre Mondiale) j’ai décidé de postuler pour ce partenariat.

Je remercie les éditions Taurnada et Livraddict de m’avoir sélectionnée.

Quand on habite dans une région particulièrement touchée par la Grande Guerre, quand vos alentours en portent encore les stigmates, on ne peut être que réceptif à cette histoire. Car au délà de l’aspect paranormal (j’y reviendrai par la suite), c’est l’aspect historique qui m’a particulièrement plu. Cette histoire de soldat, fusillé pour « l’exemple », fait écho aux Martyrs du Vingré. J’ai beaucoup apprécié les références historiques très justes et parfaitement documentées.

Mais au délà de cela, j’ai dévoré ce livre. Dès les toutes premières pages, j’ai été happée par l’intrigue. J’ai eu du mal à le lâcher. Le rythme est particulièrement prenant. On a envie de savoir ce que cache cette maison et ces fantômes. On veut savoir. On se tâte en même temps qu’Alan.

Les personnages sont tout à la fois intriguants (Mélanie et Thomas), attachants (Hélène et Peggy), flippants (les fantômes : Joseph, la « demoiselle en pleurs » -je ne vous dirais pas qui c’est pour ne pas spoiler). L’auteur a su parfaitement dépeindre leurs peurs, leurs angoisses, leurs désillusions. Avec eux, j’ai tremblé. Mais j’ai aussi été très émue sur la fin que j’ai trouvée absolument magnifique.

Et cette ambiance… Un mélange du film Les autres et des Hauts des Hurlevents. Angoissante, oppressante. On se sentirait presque dans cette maison. Mon seul regret dans cette lecture aura été de l’avoir lu maintenant. Un petit conseil si vous voulez lire ce livre : faites le un soir d’hiver pendant une bonne tempête. Trouillomètre à zéro garanti !

Au revoir là-haut

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L’histoire

Nous sommes le 02 novembre 1914. A quelques jours de l’armistice (mais ça, on ne le sait pas encore), Henri d’Aulnay-Pradelle lance une offensive sur la côte 113. Seulement Albert MAILLARD, simple employé droit dans ses bottes et d’une probité sans faille, comprend que les deux poilus, prétextes, à cette offensive, n’ont pas été tués par les Allemands mais par Pradelle lui-même.

Pradelle va vouloir se débarrasser d’Albert (tant qu’à être un enfoiré, autant l’être jusqu’au bout). Il y arrivera presque. C’était sans compter sur l’intervention d’Edouard PERICOURT qui va sauver Albert de la mort.

 

Mon avis 

J’avais découvert Pierre LEMAITRE en auteur de policiers. C’est avec plaisir que je le retrouve dans un style complètement différent à savoir le roman « historique ».

Car attention, si vous avez l’habitude de le lire, il paraît (parce que je ne suis pas trop crédible vu que je n’ai lu que deux livres de lui), que ça n’a rien à voir avec ce qu’il fait habituellement. Je vous aurais prévenu 😉

Le roman, basé sur des faits avérés (les arnaques aux monuments aux morts d’après la Première Guerre Mondiale) et sur une phrase d’une lettre magnifique commence très très fort. On est plongé dans les horreurs des tranchées à quelques jours de l’armistice. En ce 02 novembre 1914, la nature humaine va prouver qu’elle peut être à la fois bonne et mauvaise. Cette rencontre entre 3 hommes va sceller à jamais leur destin. L’action de l’un (le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle) va permettre à Albert et Edouard, que tout oppose, de se rencontrer et d’être redevable l’un envers l’autre d’être en vie. Edouard sauve Albert in extremis de la mort. Albert pense qu’il va sauver Edouard d’une mort plus lente. Sauf que ce dernier, excentrique bourgeois, « gueule cassée » alors qu’il était très beau, ne voudra qu’une chose : mourir.

C’est aussi le roman des désillusions. Albert et Edouard pensent qu’ils vont revenir en héros. Hélas… La Nation a fort fait de les oublier, voire même de les laisser pour compte. C’est pour Edouard que c’est le pire, reprochant même à un Albert démuni de l’avoir laissé en vie. Edouard doit retrouver un sens à sa vie. Et ce sera par son plus grand talent (le dessin) et par son envie d’emmerder le système et surtout son père qui ne l’ont jamais compris qu’il va vivre.

C’est aussi le roman des rendez-vous manqués… Le plus triste étant celui d’Edouard et de son père qui comprend à quel point on aime une personne quand elle n’est plus là (sans trop vouloir spoiler, vous comprendrez en lisant).

C’est aussi le roman des vengeances : d’Henri quand il comprend qu’Edouard et Albert l’ont berné. D’Edouard contre le système et contre son père. De la soeur d’Edouard contre Henri qui est devenu son mari… Et quel mari… Du père d’Edouard contre son opportuniste gendre qu’il déteste par dessus tout.

Au final, il n’y aura qu’Albert qui ne se vengera pas. Le pauvre Albert, héros malgré lui…

Malheureusement, après un début tonitruant, le roman souffre de quelques longueurs. Est-ce pour démontrer à quel point la vie n’était pas facile pour ces anciens poilus, au surplus, gueules cassées ? Je ne sais pas mais je déplore ce rythme un peu anarchique. En effet, la fin, tout comme le début du roman, ne nous laisse pas souffler… Et quelle fin… Tragique et comique à la fois. Excentrique comme Edouard…

La plume de l’auteur est fluide, assez précise (on peut lui reprocher quelques approximations historiques) et structurée. Pierre Lemaître sait nous tenir en haleine. On s’attache aux personnages (y compris les personnages secondaires). Bon, j’avoue, je déteste toujours autant Henri et j’ai bien été contente du sort qui lui a été réservé gniark gniark gniark !

Bonus 1

Avec cette lecture, je clôture mon défi principal pour le challenge des 4 as avec ma lecture masculine.

Bonus 2

Voici la lettre de Jean Blanchard à sa femme dont est extrait le titre :

« 3 décembre 1914, 11 heures 30 du soir

Ma chère Bien-aimée, c’est dans une grande détresse que je me mets à t’écrire et si Dieu et la Sainte Vierge ne me viennent en aide c’est pour la dernière fois…

Je vais tâcher en quelques mots de te dire ma situation mais je ne sais si je pourrai, je ne m’en sens guère le courage. Le 27 novembre, à la nuit, étant dans une tranchée face à l’ennemi, les Allemands nous ont surpris, et ont jeté la panique parmi nous, dans notre tranchée, nous nous sommes retirés dans une tranchée arrière, et nous sommes retournés reprendre nos places presque aussitôt, résultat : une dizaine de prisonniers à la compagnie dont un à mon escouade, pour cette faute nous avons passé aujourd’hui soir l’escouade (vingt-quatre hommes) au conseil de guerre et hélas ! nous sommes six pour payer pour tous, je ne puis t’en expliquer davantage ma chère amie, je souffre trop, l’ami Darlet pourra mieux t’expliquer, j’ai la conscience tranquille et me soumets entièrement à la volonté de Dieu qui le veut ainsi ; c’est ce qui me donne la force de pouvoir t’écrire ces mots, ma chère bien-aimée, qui m’as rendu si heureux le temps que j’ai passé près de toi, et dont j’avais tant d’espoir de retrouver. Le 1er décembre au matin on nous a fait déposer sur ce qui s’était passé, et quand j’ai vu l’accusation qui était portée contre nous et dont personne ne pouvait se douter, j’ai pleuré une partie de la journée et n’ai pas eu la force de t’écrire…

Oh ! bénis soient mes parents qui m’ont appris à la connaître ! Mes pauvres parents, ma pauvre mère, mon pauvre père, que vont-ils devenir quand ils vont apprendre ce que je suis devenu ? Ô ma bien-aimée, ma chère Michelle, prends-en bien soin de mes pauvres parents tant qu’ils seront de ce monde, sois leur consolation et leur soutien dans leur douleur, je te les laisse à tes bons soins, dis-leur bien que je n’ai pas mérité cette punition si dure et que nous nous retrouverons tous en l’autre monde, assiste-les à leurs derniers moments et Dieu t’en récompenseras, demande pardon pour moi à tes bons parents de la peine qu’ils vont éprouver par moi, dis-leur bien que je les aimais beaucoup et qu’ils ne m’oublient pas dans leurs prières, que j’étais heureux d’être devenu leur fils et de pouvoir les soutenir et en avoir soin sur leurs vieux jours mais puisque Dieu en a jugé autrement, que sa volonté soit faite et non la mienne. Au revoir là-haut, ma chère épouse.

Jean »

A l’Ouest, rien de nouveau

Voici un classique que je n’avais jamais lu. Et pourtant, le thème me parle assez. Heureusement, le baby challenge « historique » de L@ y remédie !

L’histoire : Paul est un jeune allemand dans l’enfer de la Première Guerre Mondiale. On le suit, lui et ses amis, au travers de leurs pensées, leurs peurs et leurs espoirs…

Mon avis : une réelle claque ! Ok, tout ce que j’ai lu sur ce sujet tournait autour du point de vue des français. Avec ce roman, j’ai pu voir le point de vue d’un allemand. Et même si je m’en doutais, les allemands étaient comme les français. De pauvres jeunes gens arrachés trop tôt à la vie et à la jeunesse.D’ailleurs, Paul, après avoir tué un ennemi, l’exprime parfaitement

 » Pourquoi ne nous dit-on pas sans cesse que vous êtes, vous aussi, de pauvres chiens comme nous, que vos mère se tourmentent comme les nôtres et que nous avons tous la même peur de la mort, la même façon de mourir et les mêmes souffrances ? Pardonne moi, camarade ; comment as-tu pu être mon ennemi ? Si nous jetions ces armes et cet uniforme tu pourrais être mon frère, tout comme Kat et Albert. Prends vingt ans de ma vie, camarade, et lève toi…Prends en davantage, car je ne sais pas ce que, désormais, j’en ferai encore. »

Ce roman témoigne de ce rite initiatique qu’est la guerre. Le basculement vers l’âge adulte est très brutal. D’ailleurs, Paul et ses amis le constatent avec les nouvelles recrues qui, bien que pratiquement du même âge, ont l’air beaucoup plus vieux qu’eux.

J’ai eu du mal à  ne pas voir dans Paul l’auteur lui-même. Le roman est tellement bien écrit qu’on a l’impression de lire le journal intime de Paul ou, à tout le moins, un reportage très circonstancié de ce qui se passe dans les tranchées. Ceci dit, en réfléchissant, je pense que ces pages auraient été censurées par les autorités. Il ne faut pas critiquer ! Il faut être dans le rang…

Malgré tout, la guerre a eu du bon : elle a développé l’entraide et l’amitié entre les protagonistes qui sont plus touchants les uns que les autres (excepté Himmelstoss). Et jusqu’au bout, on espère… On espère qu’ils survivront tous à cette boucherie… J’ai été surprise de connaître le temps passé dans les tranchées pour les plus anciens. Près de 3 ans. Un réel miracle. En revanche, j’ai été déçue de ne pas savoir où se situait précisément l’intrigue. Au final, l’auteur le sait-il vraiment vu que tout le paysage est bouleversé, hâché et détruit à cause des obus ?

Ce livre, parce que bouleversant, est à lire absolument… Pour se souvenir de tous ces jeunes, morts pour rien…

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Le Chemin des Ames

Allez, parce que c’est d’actualité, et surtout parce que j’ai du temps pour lire, allongée que je suis parce je dois me    reposer  et lever le pied, je vous propose une review du Chemin des Ames de Joseph    Boyden.

Ok, je l’ai commencé en vacances en Bretagne et ne l’ai fini que très tardivement mais en même temps, il faut prendre son    temps pour le lire.

L’histoire : Xavier et Elijiah, deux indiens canadiens et    meilleurs amis du monde, s’engagent pour le front français lors de la Première Guerre Mondiale. Au sortir de cette guerre, Niska attend sur le quai de la gare l’un des deux. Quelle n’est pas sa    surprise quand c’est son neveu qu’elle croyait mort (Xavier) qui descend du train.

S’ensuit dès lors, une sorte de « dialogue » entre ce neveu qui revit SA guerre et cette tante, totalement démunie face à la    détresse tant psychique que physique de ce neveu qu’elle pensait avoir perdu et qui commence à s’enfoncer dans le chemin des âmes…

Mon avis : Effectivement, ce livre est violent voire trop    violent. Les scènes de combat sont à la limite de l’écoeurement et du dégoût. Mais en même temps, l’auteur retranscrit magistralement l’horreur de cette boucherie.

Et puis, je vous mets au défi de me trouver un livre qui parle de la guerre de façon idyllique voire humoristique!

Ceci dit, l’histoire de la tante Niska est toute aussi violente. Cependant, la poésie des contes indiens en ferait presque    oublier l’horreur…

Je comprends que ce premier roman ait connu une telle critique positive et hunanime qui plus est.

Assurément, on ressort de cette histoire, différemment…

Une citation : « Un obus est tombé trop près. Il    m’a lancé dans les airs et, soudain, j’étais oiseau. Quand je suis redescendu, je n’avais plus ma jambe gauche. J’ai toujours su que les hommes ne sont pas fait pour voler »