Victime-Deux combats pour une identité

L’histoire : Vanessa est jeune et belle. Elle passe ses vacances chez sa soeur à Nice avec son fiancé. Elle ne se doute pas que cette journée du 19 août 1998 (ou 1999. La 4eme de couverture situe les faits à cette date là mais dans le récit, il est précisé qu’ils se déroulent le 19 août 1998) sera à jamais gravée en elle.

Mon avis : je n’aime pas trop lire les témoignages. J’en ai lu, beaucoup surtout ado quand j’allais en vacances chez mes grands-parents et que je tombais en panne de livres. Ma cousine, étudiante en psychologie, m’en passaient alors.

En vieillissant, je ne trouvais plus trop d’intérêt en à lire. Sans doute parce que pour la plupart, c’est assez mal écrit, très (trop) larmoyant mais dans le mauvais sens du terme. Et surtout, c’est infiniment triste et sans espoir. Enfin, ce genre de récits me ramènent inexorablement au boulot..

Là, sans doute parce que l’auteure était dans le même lycée que moi, sans doute parce qu’on a presque le même âge, sans doute parce qu’elle habite encore la même ville que moi et surtout, sans doute parce que je savais que ce serait différent, j’ai voulu le lire.

Ce livre se lit très vite. Et il est remarquablement écrit. Les mots sont justes, poignants quand il faut l’être, crus quand il le faut aussi. Elle est parfaitement parvenue à me faire passer ses émotions. Son horreur, son dégoût (pour elle même et pour l’auteur de son agression), ses errements, ses doutes, son incroyable force et son indéniable courage. Et malgré tout, malgré l’horreur des faits, il est porteur d’espoir.

Je dois dire qu’il a fallu que je mette de côté ma partie juriste. Effectivement, je peux être peu objective, travaillant de ce côté là de la Justice. Je passerai outre quelques approximations sur le procès d’Assises (d’une parce que ce n’est pas le propos et de deux parce que depuis 2003, la procédure a peut être changé).

Lorsque Vanessa évoque qu’elle n’a été QUE violée, ça m’a renvoyé en pleine figure ce qu’on se dit souvent entre nous, quand on voit certains dossiers. On en arrive parfois à se dire que la femme violée a eu de la « chance » parce qu’elle n’a pas subi certaines autres atrocités comme on peut en voir quasi quotidiennement. Mais je vous rassure, on arrive souvent à se dire qu’il aurait mieux fallu que l’auteur des faits la tue. Non qu’on souhaite la mort des personnes. Mais, je pense qu’inconsciemment, on se dit qu’elle n’aura pas à vivre toute sa vie avec ça…

Lorsque Vanessa évoque cette « bêtise » qui aura des conséquences pour toute sa vie, je me suis dit « bon, ça y est, la plaidoirie de l’autre type est toute trouvée. Elle va s’en prendre plein la tronche lors du procès ». Je me suis fort heureusement trompée…

Malgré les épreuves, Vanessa ne porte aucun jugement critique sur les institutions qu’elle a du rencontrer depuis son dépôt de plainte. Pourtant, il y avait de quoi. Son avocat a, à mon sens, mal fait son travail. Il aurait dû la préparer à la réalité du procès, à la réalité de la procédure pénale (la « confrontation » dans la salle d’attente du juge d’instruction est juste abominable) et surtout, il aurait dû la croire.

Je me suis posée la question incontournable : qu’aurais je fait face à ce type ? Je ne peux répondre et j’ai la faiblesse de croire que PERSONNE ne peut affirmer qu’il ferait cela ou ceci.

Ce récit prouve à ceux qui en doutaient encore que l’écriture est une réelle thérapie… Thérapie non seulement pour celle qui l’écrit mais également pour celles qui à la lecture de ce livre, auront le courage de se battre et de dénoncer les faits dont elles auraient pu avoir été victimes. Si Vanessa arrive à redonner espoir ne serait ce qu’à une seule femme, elle aura accompli un très grand travail dont elle ne pourra être que fière !

Maintenant, j’arrive au point promotion. Comme une presse locale ne veut pas publier l’interview qu’ils ont malgré tout voulu lui accorder (chercher l’erreur… A croire que cette cause n’est pas une cause bankable), je vais m’improviser attachée de presse ^^

Si ce livre, vous donne envie, je vous invite à vous rendre ici pour l’acheter. Vous ferez en plus une bonne action. Vanessa a décidé que tous les bénéfices des ventes iront à des associations d’aide aux victimes de viol.

Si le coeur vous en dit, si vous voulez lui faire partager vos émotions, je vous invite à rejoindre sa page Facebook ici

Merci pour elle(s) !

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