Dans la nuit Mozambique

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Avec cette lecture, je fais encore un combo : challenge LDPA 8/Challenge Laurent Gaudé (que je termine) et lecture commune avec NathChoco (d’ailleurs, non je n’écris pas mes articles à 3 heures du matin mais j’ai programmé cette heure pour être synchro avec elle, qui a la chance de vivre à La Réunion)

Les histoires et mon avis : difficile de vous faire un résumé des histoires vu que Dans la nuit Mozambique se compose de 4 nouvelles. A première vue, elles semblent distinctes. Je dois bien à première vue parce que le même thème est repris dans les 4 nouvelles.

Comment l’Homme peut-il réagir face à la culpabilité ? Voilà la question sous-jacente et récurrente. Gaudé étudie 4 façons différentes d’appréhender cette culpabilité.

Ces nouvelles se lisent très vite (il m’a fallu 3 heures). Le style de l’auteur nous fait voyager dans le temps et au travers des pays…

Sang Négrier : On plonge dans la période sombre de la traite des Noirs. Profitant d’une escale forcée, 5 noirs s’enfuient du bateau qui doit les amener en Amérique. S’ensuit une chasse à l’homme où 4 seront assassinés. Le dernier est, semble-t-il, vivant. Cependant, il va se rappeler sans cesse à ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à sa perte.

J’ai particulièrement bien aimé le style de Gaudé. Tout au long de ce récit, on se demande si le Commandant arrivera à trouver ce fameux 5eme noir et surtout, s’il sera ou non dans la liste des « punis ».

Malgré tout, sa peine (au sens pénal du terme j’entends) sera longue vu qu’il ressentira cette culpabilité malgré les faits lointains…

Gramercy Park Hotel : Moshe sort de chez lui mais est attaqué par des jeunes qui le laissent pour mort. Sorti de l’hôpital, il  n’a qu’une idée en tête : rejoindre Gramercy Park Hotel pour accomplir sa promesse.

Ma nouvelle préférée. Celle qui m’a le plus touchée certainement parce que le thème est magnifique. Moshe accomplit, malgré son âge très avancé, une promesse qu’il a fait à sa femme malheureusement décédée.  Il ne peut être tenu responsable de la maladie qui a emporté Ella. Cependant, il culpabilise quand même… Est-ce parce qu’il avait besoin de souffler et de ne pas être présent auprès de son épouse ? On ne peut le blâmer… Moshe, en accomplissant sa promesse, tente de faire quelque chose de bien et de transformer sa culpabilité en quelque chose de positif.

Le colonel Barbaque : Quentin a connu l’enfer de la Première Guerre Mondiale. Sa vie sauve, il la doit à M’Bossolo, un africain qui  n’aura même pas les honneurs militaires parce que décédé de la grippe. Dès lors, Quentin ira vivre en Afrique et fera tout pour être lui aussi Africain.

Ici, Gaudé nous démontre la mauvaise face de la culpabilité, celle qui fait de l’Homme une mauvaise personne au point qu’il en perd son humanité. A la base, Quentin quitte la France pour rendre hommage à M’Bossolo en voulant devenir africain, la France n’ayant pas voulu le reconnaître en tant que héro. Mais, sa volonté de s’intégrer va aller au delà de ce que même son sauveur aurait voulu. L’effet est immédiat. Il sera rejeté par cette Afrique qu’il a choisie.

Dans la Nuit Mozambique : des marins ont l’habitude de se retrouver chez Fernando pour boire un verre et se raconter des histoires. Celle du Commandant Passeo les marquera à jamais.

L’auteur nous fait part de la culpabilité « subie ». Comment réagir face à un meurtre pour lequel on n’a rien à voir mais pour lequel on est un peu responsable parce que se passant sur votre commandement ? Est-ce plus enviable ? Passeo fera tout pour réhabiliter la mémoire de cette fille de Tigirka, envers et contre tous. Enfin, c’est ce qu’il laisse penser…

Mon passage préféré :

« Je suis un vieux drogué. La longue pipe de ma mémoire, sur laquelle je tire des bouffées de passé, empli mon âme de visages morts et de sourires blessés. Tu règnes autour d’eux tous, Ella. Vous m’avez tous abandonné. C’est horrible de solitude. Plus personne qui se souvienne. Personne à qui je puisse dire ton nom. Vous êtes tous partis. Je pense parfois que j’aurais mieux fait de mourir avec toi. J’aurais évité trente ans d’oubli et de vieillesse. Si j’étais mort avec toi, nous aurions presque pu dire que nous avions vécu heureux. Ta vie fut trop courte et la mienne trop étirée. »

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Merci à Nath pour cette lecture commune! Voici son avis

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2 thoughts on “Dans la nuit Mozambique

  1. merci pour cette lecture commune. ce qui est génial c’est que nos goûts sont différents et j’ai aimé Grammercy park Hotel mais pas autant que toi. j’ai été touchée bien davantage par Le Colonel Barbaque mais cela vient du fait que j’ai lu le roman Cris de L Gaudé auquel cette nouvelle fait référence. Encore une fois une belle lecture n’est-ce pas ?;)
    http://www.unchocolatdansmonroman.fr/article-dans-la-nuit-mozambique-laurent-gaude-122628665.html

    1. Tiens, je ne le savais pas pour Le Colonel Barbaque… Du coup, je me dis que c’est encore un livre qui va arriver dans ma WL 😉
      Si je devais les « classer », je dirais en 1 Grammercy Park Hotel, en 2 : Le sang négrier, en 3 : le colonel Barbaque et en dernier, dans la Nuit Mozambique

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