Le silence du bourreau

J’ai reçu ce livre grâce à un partenariat de L@ avec les éditions Folio. Je les remercie tous deux de m’avoir sélectionnée…

L’histoire : François BIZOT, éthnologue spécialiste du bouddhisme, est arrêté et emprisonné par les Khmers rouges. Douch, son geôlier le libère. Quelques années après, BIZOT est appelé à témoigner au procès de Douch, poursuivi pour des actes affreux qu’il a commis pendant cette période.

Mon avis : j’aime les livres historiques, qui plus est lorsque ce sont des témoignages. Ici, la période du conflit au Cambodge, m’intéresse tout particulièrement. Et le fait que ça se passe dans un tribunal ne peut que me plaire. D’ailleurs, il m’est intéressant de lire comment la Justice est perçue par des non juristes.

Sauf que j’ai été assez déçue. Le thème est très intéressant bien qu’archi connu et traité : le bourreau peut-il être un homme ? Est-il humain malgré les crimes qu’il a commis ? BIZOT nous livre une analyse assez poussée de cette question que les gens continuent encore et toujours à se poser.

Mais justement, cette analyse est beaucoup trop poussée. Le style de l’auteur, très lourd, rend le cheminement intellectuel particulièrement fastidieux. On se perd dans ses considérations sociologiques voire philosophiques. C’est bien dommage… M’attendant à avoir un témoignage, je me suis trouvée face à un essai voire une thèse. Certaines connaissances de ce conflit et de cette période m’ont cruellement fait défaut. Un peu plus d’explications géopolitiques et historiques permettraient, à mon sens, de mieux appréhender cette lecture. A moins que les explications se situent dans le Portail, qui traite de la période de détention de BIZOT…

Je dois dire que j’ai eu énormément de mal à lire une bonne partie de ce livre. En revanche, les notes de Douch concernant l’épreuve de son 1er livre, Le Portail, écrit par BIZOT sont très intéressantes. Sans pour autant se dédouaner complètement, il explique pourquoi il a commis ces actes. La cause  : son idéalisme et son soutien sans faille pour un parti, le PCK.

La 2eme partie du livre (à savoir la retranscription de la déposition de BIZOT) m’a énormément plu. Je ne sais pas si c’est exactement les paroles retranscrites ou si c’est plus au moins romancé mais en tout cas, je dois tirer mon chapeau aux 2 greffiers qui ont pris les notes…

Après, je me pose cette question : faut-il toujours traiter de ces crimes du point de vue de la prétendue humanité ou non des bourreaux ? On s’est posé la question après la Shoah, on a voulu faire des exemples à Nuremberg et ça n’a pas empêché, comme le souligne l’auteur, d’autres massacres…

 

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