Un crime parfait/ Les mauvaises lectures

En farfouillant chez mon libraire bien pratique parce qu’en face du boulot, je suis tombée sur cette pépite d’EES que je ne connaissais pas. Du coup, ça me fait lire un livre de plus dans le cadre du Challenge EES

Nath (Unchocolatdansmonroman) me dit qu’elle les connaissait pour les avoir lues dans un autre recueil de nouvelles ;-).

Cette pépite se compose de deux nouvelles à chute qui sont, par définition, courtes. Je dirais même trop courtes.

L’une m’a plu parce que parlant d’instruction, procès, avocat et tout et tout. Bref ! De choses qui me parlent…
J’ai adoré l’autre pour le suspens et la chute plus aboutis…

Un Crime parfait

L’histoire : Gabrielle assassine son mari qu’elle ne supporte plus. Elle croit son crime parfait… jusqu’à l’arrivée d’un témoin inattendu. Enquête bouclée ? Et si notre meurtrière s’était trompée de mobile ?

Mon avis : forcément, le thème me parle. On rentre directement dans le sujet avec ce crime qui arrive immédiatement. La suite permettra de révéler le procès et cette introspection qui se fera lors du procès de Gabrielle. Cette dernière va pouvoir trouver une certaine vérité toute autre que celle qui l’a poussée à tuer son mari.
Le procès…Je l’ai déjà dit et je le répète encore et toujours : c’est l’occasion, à mon humble avis, non pas de condamner ou d’innocenter une personne mais de comprendre son geste. Plus que la condamnation, les victimes veulent comprendre.
D’ailleurs l’avocat de Gabrielle le sait “En revanche, son avocat la troublait car il voulait savoir. Or elle le payait pour croire, pas pour savoir ! Ce qu’elle achetait, c’était sa science des lois, sa pratique des tribunaux, son énergie à la défendre ; elle ne moquait qu’il connût ou pas la vérité”
Ici, Gabrielle est percluse d’idées toute faites. Elle sait pourquoi elle a tué son mari. Une seule phrase d’un témoin et ami va la faire douter. Et si elle se trompait de mobile (sauf que le terme de mobile n’existe pas en soi) ?

Outre cette recherche de la vérité, EES se demande si le crime est réellement parfait. Je vais le rassurer : le crime parfait n’existe pas. Pour ce faire, il faudrait qu’on ne retrouve ni corps, ni arme ou autre ni qu’on n’ait pas de soupçons sur une personne pendant tout le temps de l’action publique (c’est à dire le temps à l’issue duquel les poursuites ne peuvent plus être exercées devant une juridiction pénale). Pour les crimes, cette prescription est de 10 ans, autrement dit une éternité…
Mais là, je m’échappe ! Gabrielle pense avoir commis le crime parfait : aucun témoin, un alibi béton (leur amour inconditionnel et connu de tous). Sauf que rongée par la culpabilité, est-elle débarrassée de son mari ? Rien n’est mois sûr…

Permettez moi quelques petites précisions techniques mais qui ont fait sursauter la juriste que je suis… Les détecteurs de mensonge ne sont pas utilisés par chez nous (mode de preuve imparfait). De même, le terme de détention préventive est un terme journalistique qui n’existe pas. On parle de détention provisoire qui peut être levée, après débat contradictoire devant le JLD (juge des libertés et de la détention) si un avocat en fait la demande (DML = demande de mise en liberté). Le JLD aura le choix entre refuser cette DML, libérer la personne ou la laisser libre sous contrôle judiciaire (le terme de liberté provisoire n’existe pas non plus).
Fin de ma parenthèse de procédure pénale…

Si EES cherche un référent juridique/judiciaire, je veux bien me sacrifier 😉

Les Mauvaises Lectures

L’histoire : Maurice méprise les romans ; sa cousine, au contraire, ne jure que par eux. Les deux cousins s’écharpent sur le sujet, jusqu’à ce que Maurice, entraîné malgré lui dans un thriller qui le passionne, ne quitte la réalité.

Mon avis : j’ai encore plus apprécié cette nouvelle dont la chute m’a laissée littéralement sur les fesses tant elle est inattendue… Au fil des pages, on se demande ce qu’il va se passer sans se douter de l’irréparable…

Cette nouvelle traite du pouvoir des livres (en particulier des romans) et comment ces derniers peuvent nous transformer.
Maurice ne croit pas au pouvoir des romans qu’il juge (à tort?) Juste bons pour un certain lectorat. Et le fait que sa cousine les achète dans un supermarché accentue son sentiment. Il y a ceux qui lisent les romans et les Autres.
Maurice croit d’autant moins à leur pouvoir que c’est quelqu’un de rationnel. Sauf qu’”arrive un moment où l’irrationnel n’est plus irrationnel puisqu’il devient la seule solution rationnelle”. Maurice l’apprendra à ses dépens…

Il m’est difficile de trop en dévoiler sur cette nouvelle par peur de spoiler et de tuer le suspens.
Je n’ai qu’un conseil à vous donner : allez vite la lire !

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2 commentaires sur « Un crime parfait/ Les mauvaises lectures »

  1. oui en effet j’ai lu ces deux nouvelles dans le recueil La Rêveuse d’Ostende. J’avais bien aimé aussi. Mais plus le temps passe plus je me dis que je préfère Schmitt dans ses romans. il me manque toujours quelque chose dans les nouvelles ! Belle lecture !

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