Grand-père avait un éléphant

 

Un petit livre lu grace à un partenariat de Livraddict. Je remercie par ailleurs ce forum et les éditions du Point de m’avoir permis de découvrir un merveilleux livre.

L’histoire : Kounnioupattoumma est une jeune fille indoue et musulmane. Elle vit recluse chez elle à attendre qu’on lui choisisse le mari idéal. Parce que comme son grand-père avait un éléphant (ce que sa mère lui rabache à longueur de journée) et que son père est un notable, personne n’est assez bien pour elle… Mais les mauvais esprits en ont décidé autrement…

Mon avis : ce qui m’a attiré vers ce titre, c’est non seulement la couverture mais également le lieu où se déroule l’histoire : l’Inde, pays que je veux visiter. Dès les premières pages, j’ai été séduite par Kounnioupattoumma, cette « bécasse ». De prime abord, ce sobriquet (qui n’en est pas un au final) lui scied parfaitement bien. Mais à y réfléchir de plus près, elle est naïve, ingénue et candide. Candide… Par bien des aspects, j’ai pensé à l’autre Candide, celui de Voltaire. Kounnioupattoumma s’émerveille de tout, même des choses les plus laides. Elle parle aux animaux en pensant qu’ils la comprennent. Est-elle sotte ? Non. Elle découvre juste le monde qui l’entoure, celui qui lui a fait cruellement défaut dans sa tour dorée. A ce titre, on peut dire que ce n’est pas un roman mais un conte.

Un conte certes mais un véritable cheminement initiatique. Kounnioupattoumma, devenant pauvre, va s’émanciper, s’interroger par rapport à ses propres réflexions et non par rapport à ce qu’on lui apprend dans le Coran. Elle va se découvrir et devenir une femme, à 22 ans alors que normalement, à cet âge, on est marié et déjà femme.

Outre ce passage initiatique, l’auteur nous démontre l’importance des castes en Inde. On ne sait pas à quelle époque ce conte se situe. Cependant, on apprend qu’on se déplace par un éléphant ou par un char à boeufs. Et ces derniers éléments permettent de sectoriser la famille de Kounnioupattoumma et de celle de ses voisins. D’ailleurs, Oumma, la mère de Kounnioupattoumma s’accroche à cet éléphant comme à une bouée de sauvetage pour ne pas sombrer dans la folie (là, je suis moins sûre de ça parce qu’elle a l’air un peu folle tout de même). Elle fait partie d’une riche famillle et on lui doit le respect parce que grand-père avait un éléphant…

La religion a également une grande part dans ce conte. Elle aussi permet de distinguer et de hiérarchiser les gens. Pour Kounnioupattoumma, elle sera sa seule source d’instruction. Et encore. Parce qu’on lui a dit.

A qui poser la question ? Tant de gens croyaient en la singularité originnelle des musulmans. C’était comme ça. On ne s’interrogeait pas. On croyait tout ce qu’on entendait. 

Et c’est cette ignorance toute aussi relative qui la différencie d’Aïsha, sa voisine, qui paraît bien plus mature bien qu’âgée de 17 ans. D’ailleurs, le frère d’Aïsha l’aura bien compris et par amour, demandera à ce que Kounnioupattoumma soit instruite.

Je ne connaissais absolument pas cet auteur mais je dois dire que j’ai été assez séduite par sa plume. Au point de vouloir le connaître un peu plus…

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