Rose

J’ai attendu que Carnet de lecture, ma binomette dans le cadre du Challenge Livra’deux pour Pal’addict, ait publié son avis sur ce livre pour publier le mien. Si vous êtes curieux, allez voir ici

L’histoire : Paris, le 2nd Empire. Le baron Haussmann continue son entreprise pharaonique : faire de Paris une ville plus moderne, plus saine et plus militairement accessible. Pour ce faire, il n’hésite pas à exproprier des centaines de personnes et à tailler dans la ville comme un taille un arbre. Une seule résiste envers et contre tous : Rose qui se battra pour garder SA maison, en mémoire de son défunt mari.

A travers ses lettres qui ne seront jamais lues par son bien aimé, elle nous fait part de son combat.

Mon avis : En droit de l’urbanisme (oui, j’ai fait ça en maîtrise), on a parlé des grands travaux d’Haussmann et de la modernité qu’il voulait pour Paris (malgré ses buts militaires). En droit des expropriations, les expros. Jamais je ne m’étais demandé ce qu’on pouvait ressentir lorsqu’on recevait un avis d’expropriation. La juriste que je suis ne voit que les recours possibles mais pas l’aspect humain.

Outre l’aspect matériel que lui confère cette maison (les loyers des deux boutiques qu’elle loue), Rose est attachée à cette maison, véritable membre de sa famille. Mais est-elle attachée à l’immeuble en lui-même ou au combat que son mari voulait mener en cas d’expropriation ? Au final, elle est plus proche de cette maison que de sa propre fille.

Tatiana de Rosnay doit avoir un attachement particulier avec les maisons quand on voit Elle s’appelait Sarah et les secrets de famille. Je me demande bien pourquoi…

J’ai particulièrement apprécié le style épistolaire. Il donne un certain dynamisme au roman. Je me demande si un roman au style plus « classique » aurait eu le même impact.

Les lettres qu’écrit Rose sont très romantiques. Outre l’amour porté à son mari, on ressent bien la tristesse de Rose ainsi que sa colère, ses frustrations. En revanche, elle est beaucoup moins prolixe sur les expropriations des autres personnes de sa rue. On est plus spectateur qu’autre chose.

Quelques points négatifs toutefois. Tout d’abord, le secret qui est révélé à la fin. Certes, il est latent puisque Rose fait des allusions tout au long de ses lettres mais la révélation est beaucoup trop brutale. Effectivement, Rose doit se hâter d’écrire. Mais je trouve que ça cassait le romantisme des lettres. On est brusquement arraché à la rêverie pour être confronté à une réalité terrible. Et puis, pourquoi ce secret ? Une histoire sur l’attachement de Rose à cette maison était pour par ma part, largement suffisante.

Ensuite, le final nous laisse un peu sur notre fin. Je ne parle pas de la lettre inachevée mais du contenu de l’article du journal. Avec le recul, ça reflète bien le peu de considération qu’on a eue pour les personnes expropriées.

J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre ô combien contemporain… Les expropriations, démantelements de camps etc sont toujours autant d’actualité…

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2 commentaires sur « Rose »

  1. L’avis de la juriste est intéressant… Moi, j’ai surtout été touchée par l’amour que Rose éprouve encore pour Armand, malgré la mort de ce dernier. Un roman émouvant. Merci encore de m’avoir fait découvrir ce roman.

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