Lorsque j’étais une oeuvre d’art d’EES

L’histoire : Tazio, mannequin, décide de se suicider en se jetant d’une falaise. Il est rattrapé in extremis par Zeus-Peter Lama, artiste contemporain, qui lui propose un contrat. Il accepte de devenir Adam bis, une sculpture vivante à la condition de donner son corps et sa volonté à Zeus-Peter Lama.

Mon avis : déconcertant. D’ailleurs, EES dit lui même que ce livre, soit on le déteste, soit on l’adore. Moi, je l’ai adoré (séquence « tu m’étonnes » comme dirait Yann Barthès). Par parce que c’est EES (quand même, quoique…). Je l’ai adoré parce qu’il pose pas mal de questions. Sur la place de l’Art dans la société notamment ainsi que le libre arbitre de chacun dans la détermination de ce qu’il veut être (thème très propre à EES que je conséidère comme un déterministe eu égard à mes lointains souvenirs de philo).
La juriste que je suis a vu un autre aspect : la référence aux articles 16 et suivants du Code civil. Comme certains ne sont pas juristes, petit commentaire d’articles. Ils consacrent des principes d’ordre public à savoir l’indisponibilité du corps humain (article 16-1 du Code civil) ce qui veut dire que le corps humain ne peut faire l’objet de contrats, et surtout l’inviolabilité du corps humain à savoir qu’on ne peut porter atteinte au corps humain et commettre des actes illicites sur ce dernier.

Dans le cas de ce livre, dans la mesure où Tazio décide, de lui-même, de devenir une oeuvre d’art, ces règles s’appliquent-elles ? En devenant une oeuvre d’art, abandonne-t-il sa condition d’homme et peut-il donc faire l’objet de contrat ? Reste-il un Homme ou devient-il une chose ? Le cas échéant, à quel moment devient-il une chose ?

Oula, je m’aperçois qu’il y a de quoi faire un bon mémoire… Pour ma part, mais ça ne reste que mon humble avis, je considère qu’ici, la primauté de l’humais doit prévaloir sur l’Art. Tazio ne peut devenir une chose. Disposant de son libre arbitre, il reste un homme, donc une chose extra patrimoniale. A voir si mes confrères juristes partagent mon avis…

Cependant, mon esprit juridique quelque peu torturé (euphémisme) ne m’a pas empêché de passer un très agréable moment en lisant ce bouquin qui m’a un peu remonté le moral après l’Evangile selon Pilate que j’ai eu énormément de mal à lire (et surtout à comprendre… Quelle en est sa finalité?)

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